Les violences faites aux femmes demeurent une réalité alarmante au Québec, et les féminicides ne représentent que la partie visible d’un phénomène beaucoup plus vaste. Derrière chaque statistique se trouvent des parcours marqués par de multiples formes de violence, dont la violence psychologique, économique, physique ou sexuelle. Les maisons d’hébergement, grâce à leur expertise unique et à leur présence 24/7, constituent un pilier essentiel du filet de sécurité québécois. Pourtant, elles doivent composer avec un sous-financement chronique, un parc immobilier vieillissant, des services publics complémentaires difficilement accessibles et des besoins qui ne cessent de croître.
Pour répondre adéquatement aux femmes et aux enfants qui cherchent refuge, il est impératif de consolider les services existants, de développer de nouvelles capacités d’hébergement, de combler les écarts régionaux et d’assurer un continuum de services réellement accessible, que ce soit en justice, en santé, en logement et en soutien financier. Sans investissements structurants et récurrents, les maisons continueront d’être forcées de choisir entre l’augmentation des places, la rétention du personnel qualifié, la prévention, la formation et l’accompagnement spécialisé, au détriment de la sécurité des femmes.
Le gouvernement a déjà reconnu l’importance de ce réseau et l’urgence d’agir. Les 19 recommandations présentées visent à renforcer durablement la capacité du Québec à protéger les femmes violentées et leurs enfants, à prévenir l’itinérance féminine et à garantir le respect de leurs droits fondamentaux.
La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes espère que l’élan amorcé dans les dernières années se poursuivra dans le budget 2026-2027, afin de bâtir un filet social solide, cohérent et accessible partout au Québec. La FMHF réitère sa volonté de collaborer étroitement avec le gouvernement pour assurer que chaque femme, peu importe sa région ou son parcours, puisse trouver sécurité, soutien et dignité lorsqu’elle en a besoin.

