Violence faite aux femmes

Définitions et statistiques

Définitions importantes

La Déclaration de l’Organisation des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes affirme que : « la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes,
Le cycle de la violence traduit les quatre phases par lesquelles se perpétuent les gestes de violence. Ces phases permettent de comprendre le cercle vicieux de la violence conjugale et d’identifier les comportements du conjoint à chaque étape du cycle ainsi que les conséquences pour les victimes.
La Politique d’intervention en matière de violence conjugale du Gouvernement du Québec « Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale » adopte la définition de la violence contre les femmes telle que promulguée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 1993.
Souvent associée à la violence conjugale, la violence physique n’est pourtant pas la seule forme de violence dont les femmes sont victimes au sein de leurs relations. Méconnues, d’autres formes de violence sont souvent minimisées mais toutes aussi insidieuses, permettant à l’agresseur de maintenir son contrôle sur la femme.
L’analyse différenciée selon les sexes (ADS) est un processus d’analyse favorisant l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes par l’entremise des orientations et des actions des instances décisionnelles de la société sur le plan local, régional et national.
Le féminisme est un mouvement politique qui prône l’égalité réelle entre les hommes et les femmes dans la vie privée et dans la vie publique. Au sens large, le féminisme inclut l’ensemble argumentaire qui dénonce les inégalités faites aux femmes et qui énonce des modalités de transformation de ces conditions.

Approches d'intervention

La Fédération adhère aux approches d’intervention ou pratiques suivantes et s’engage à travailler en cohérence avec les objectifs, stratégies et défis qui en découlent :

L'INTERVENTION FÉMINISTE

L’intervention féministe, telle que définie par Corbeil et Marchand, s’articule autour des objectifs suivants :

  • Soutenir et respecter les femmes dans leurs démarches ;
  • Faire alliance avec les femmes et établir un lien de confiance ;
  • Favoriser l’empowerment des femmes ou la reprise de pouvoir sur leur vie ;
  • Travailler à la conscientisation des femmes en prenant en compte la pluralité et la complexité des expériences d’oppression ;
  • Favoriser des rapports égalitaires ;
  • Briser l’isolement des femmes et développer leur solidarité ;
  • Lutter pour un changement individuel et social.
L'INTERVENTION FÉMINISTE INTERSECTIONNELLE

L’intervention féministe, telle que définie par Corbeil et Marchand, s’articule autour des objectifs suivants :

  • Établir des interfaces entre toutes les formes d’oppression ;
  • Développer des stratégies inclusives ;
  • Incorporer la réalité des groupes qui ont été, et demeurent encore, marginalisés ou minorisés.
  • Examiner le rôle de certaines composantes identitaires (le sexe, l’origine ethnique, les handicaps, la religion, etc.) ainsi que les effets subséquents occasionnés par les positions sociales, telle que le statut socio-économique ;
  • Explorer l’influence que cette configuration singulière et complexe exerce sur l’identité personnelle et sociale des femmes ;
  • Viser à ce que toutes les femmes aient accès à l’égalité ;
  • S’assurer de s’attaquer à l’ensemble des discriminations et des obstacles auxquels sont confrontées les femmes.
LA DÉMARCHE D'APPROPRIATION ÉVOLUTIVE

On entend par la démarche d’appropriation évolutive, ou le « tendre vers », la concrétisation de l’idéologie et des approches mises de l’avant par la FMHF. C’est aussi reconnaitre que les objectifs, stratégies et défis sont pluridimensionnels et nécessitent un travail constant.

Cette démarche nous permet de viser des objectifs, un but commun ou des pratiques prometteuses. Son expérimentation se fait en harmonie, collaboration et convergence, de façon réaliste et réalisable.

De plus, en cohérence avec le mode de gestion participative féministe, nous adoptons un rythme qui permet de traverser notamment les étapes d’information, de conscientisation, de réflexion, de partage, d’expérimentation et d’évaluation. Celles-ci tiennent compte du fait que diverses personnes sont impliquées dans ce processus évolutif vers l’atteinte des résultats.

La violence faite aux femmes au Canada et au Québec

Au Canada, selon les données policières en 2016 (Statistiques Canada), 40 577 victimes de crimes commis par un conjoint ou un ex-conjoint ont été rapportées aux services de police. Parmi les victimes, on comptait 31 798 femmes (78 %) et 8 779 hommes (22 %). 51 189 victimes de crimes entre partenaires amoureux ou ex-partenaires amoureux ont été rapportées aux services de police. Parmi les victimes, on comptait 40 608 femmes (79 %) et 10 581 hommes (21 %)

Au Québec, en 2015, 19 406 personnes ont été victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal. Ces crimes ont fait 15 131 victimes féminines (78 %) et 4 275 victimes masculines (22 %). Les femmes composent la totalité ou presque des victimes d’homicides (72,7 %), d’enlèvements (100 %), de séquestration (97,0 %) et d’agressions sexuelles (97,4 %) commis par un conjoint ou un ex-conjoint. (MSP)

La très grande majorité des homicides conjugaux sont commis par des hommes à l’endroit de femmes. En 2014, il y a eu au Québec 11 victimes d’homicide conjugal (11 femmes) et 29 victimes de tentative de meurtre en contexte conjugal (24 femmes et 5 hommes). Ainsi, les femmes représentent respectivement 100 % et 83 % des victimes de ces crimes. (MSP)

1 femme sur

0

est victime de violence sexuelle au cours de sa vie

Tous les

0

jours une femme
ou une fille est tuée
au Canada.

Près de

0 %

des crimes sont
liés à la violence
conjugale

Près de

0 %

des victimes de crimes
de violence conjugale
sont des femmes

LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES DANS LE MONDE

Grâce aux recherches d’ONU Femmes, la disponibilité des données sur la violence à l’égard des femmes et des filles s’est considérablement améliorée ces dernières années et les données sur la prévalence des violences de la part du partenaire intime sont désormais disponibles pour au moins 106 pays.
Parmi ces données :

  • Dans le monde, 35 % des femmes ont subi au moins une fois des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime, ou bien des violences sexuelles de la part d’une autre personne.

 

  • Chaque jour, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille.

 

  • Les femmes adultes représentent près de la moitié (49%) de toutes les victimes de trafic d’êtres humains repérées dans le monde.
  • Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines dans les 31 pays où se concentre cette pratique.

 

  • 15 millions d’adolescentes dans le monde (âgées de 15 à 19 ans) ont été forcées d’avoir des rapports sexuels.

 

  • La violence scolaire basée sur le genre est un obstacle majeur à la scolarisation universelle et à la réalisation du droit à l’éducation des filles.