
VIOLENCES GENRÉES ET RESPONSABILITÉ MÉDIATIQUES:
Ce que les mots (NE) disent (PAS)
Chaque année, du 25 novembre au 6 décembre, le Québec se mobilise pour les 12 jours d’action contre la violence faite aux femmes. Cette période, qui s’ouvre lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et se termine le 6 décembre en mémoire des 14 femmes assassinées à Polytechnique, nous rappelle l’urgence de lutter contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes.
Chaque jour, l’actualité relate des violences faites aux femmes — dans les journaux, à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Longtemps absentes du débat public, elles sont aujourd’hui omniprésentes, mais le langage utilisé pour en parler reste souvent inadéquat.
Une campagne pour déconstruire les biais et promouvoir une lecture féministe des violences dans les médias
À l’occasion de ces 12 jours d’action, l’attention se porte sur le rôle déterminant des mots et des récits médiatiques dans la compréhension sociale des violences genrées: De manière consciente ou non, le traitement médiatique des violences faites aux femmes peut reproduire des biais discriminants envers les femmes et les personnes de la diversité de genre, minimiser la gravité des violences ou faire porter aux victimes la responsabilité de ce qu’elles subissent, tout en invisibilisant celle des auteurs.
Aujourd’hui encore, la couverture médiatique des violences au Québec présente plusieurs pratiques problématiques : euphémismes comme « drame conjugal », effacement des dynamiques de pouvoir, valorisation du mythe de la « bonne victime » et traitement différencié selon que les victimes soient itinérantes, ou vivant des enjeux de santé mentales. Sans compter le traitement sensationnaliste à des fins d’audience. Ces récits contribuent à la désinformation, au maintien des stéréotypes, à la revictimisation et au renforcement des inégalités de genre.
Les violences faites aux femmes ne sont pas — et ne seront jamais — des faits divers ou des incidents isolés. Elles sont l’expression d’un système qui met quotidiennement en danger la sécurité, la liberté et la dignité des femmes et des personnes de la diversité de genre, qu’elles soient autochtones, immigrantes, travailleuses du sexe ou victimes d’exploitation.
Les récits qui minimisent, dépolitisent ou individualisent ces violences renforcent les inégalités et exposent les victimes à une nouvelle forme de revictimisation.
Les mots ne sont jamais neutres : ils révèlent, occultent, exposent ou déforment. Ils peuvent contribuer à dénoncer les violences, mais aussi à les banaliser. En replaçant les mots au cœur de la réflexion, nous souhaitons faire évoluer les récits, responsabiliser les milieux médiatiques et contribuer à une société où l’on parle des violences avec rigueur, respect, dans une perspective féministe et intersectionnelle.
Participez à notre midi-conférence!
Pour clore les 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a le plaisir de vous inviter à son midi-conférence en ligne sur les violences genrées et la responsabilité médiatique.
Quand: vendredi 5 décembre 2025, de 12h à 13h, en ligne
Ne manquez pas cette opportunité d’en apprendre davantage sur les enjeux, les défis et les pistes de solutions lors de cet événement informatif et engageant. Inscrivez-vous dès maintenant pour participer à ce midi-conférence enrichissant :
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(Les opinions exprimées sont celles de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes)
Cette initiative est financée par le Secrétariat à la condition féminine


