Peine sévère contre la violence conjugale

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«Il est important d’envoyer comme message que la société ne tolère pas un tel comportement», a lancé la juge Louise Leduc, en rendant la sentence de George Beauregard-Zoïtakis mardi au palais de justice de Longueuil.

Le 13 octobre 2013, l’homme de 26 ans s’est rendu chez son ex-conjointe (qu’on ne peut nommer), a défoncé la porte d’entrée avant de s’élancer sur elle. Il lui a ensuite cogné la tête une vingtaine de fois au sol, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Alors qu’elle est revenue à elle, il l’a traînée par les cheveux à l’extérieur, puis il l’a frappée à répétition dans le ventre, avant de l’étrangler.

Une voisine alertée par des cris est venue lui porter secours. Terrorisée, la victime avait attendu quelques semaines avant de porter plainte à la police.

Rapport « sombre »

L’accusé a depuis plaidé coupable à des accusations de voies de fait, menaces et séquestration. En rendant sa sentence, la juge Leduc dit avoir tenu compte des graves répercussions de cette agression physique sur la victime: trois ans plus tard, elle n’a toujours pas repris le travail. Elle souffre d’un stress post-traumatique, elle est craintive et doit consulter un psychologue, mais également des professionnels de la santé pour sa réadaptation physique.

Dans un rapport présentenciel produit en septembre 2015 par un agent de probation afin d’évaluer l’accusé, on avait dépeint ce dernier comme un homme sans remords, qui discrédite sans cesse la victime. La procureure de la Couronne au dossier avait dit qu’il s’agissait du rapport présentenciel «le plus sombre» qu’elle avait lu en carrière.

Amorce de réflexion

Depuis sa détention provisoire en février dernier, l’accusé a exprimé pour la première fois des regrets.

«Non seulement je regrette, la honte m’envahit chaque fois que je pense aux gestes qu’a relatés la victime ainsi que les preuves», avait-il écrit dans une lettre lue devant le tribunal.

«Je reconnais qu’il y a une amorce de réflexion quant à ces gestes indescriptibles, a lancé la juge Leduc. J’espère que cette réflexion amorcée sera continuée.»

Beauregard-Zoïtakis a écopé de 30 mois de détention. Il restera à l’ombre un peu plus de 16 mois, en raison de la détention provisoire. Une sentence qui satisfait la victime.

«J’ai tellement été déçue du système judiciaire pendant trois ans. Mais là, je suis contente de la façon dont ça s’est terminé», a-t-elle dit mardi.

Article paru sur le Journal de Montréal

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