Un parcours interactif pour sensibiliser les jeunes à la violence amoureuse

couloirs

Avec le projet Les couloirs de la violence, présenté pour la première fois dans Lanaudière, l’organisme Regard en Elle (REE) a voulu sensibiliser les jeunes à cette problématique bien présente.

Déjà une centaine d’élèves de la Commission scolaire des Affluents ont eu l’occasion de sillonner le labyrinthe au cœur du projet où la prévention est mise de l’avant à travers différents outils multimédias.

Ceux qui s’aventurent dans les couloirs assistent à la naissance d’une relation amoureuse entre deux adolescents, et se rendront compte que malheureusement, la violence sera présente. Démystifier le cycle de la violence et les mythes y étant associés font partie des enjeux.

À travers 15 tableaux, les participants pénétreront dans l’univers du couple en lisant le journal intime de la jeune fille, en écoutant les messages laissés sur son répondeur par son amoureux et même en s’immisçant dans la tête des deux adolescents.

« Comme c’est interactif, ça allume les jeunes », observe Marie-Hélène Rousseau, adjointe à la direction pour REE.

Elle rappelle que les personnes qui exercent de la violence ont aussi besoin d’aide et c’est ce que les participants remarquent lorsqu’ils ont la chance d’écouter les pensées qui traversent l’esprit du jeune amoureux.

Faire réfléchir

« C’est vraiment le fun et instructif. Ça va nous permettre de nous remettre en question si jamais on en a besoin. Ça fait réfléchir », commentaient deux garçons de 14 et 15 ans, à la sortie du labyrinthe.

Les deux élèves de l’école Paul-Arseneau avouent qu’ils ont déjà été confrontés à un épisode de violence physique entre un couple à leur école, alors que la violence verbale, elle, serait encore plus courante.

À la maison d’hébergement pour femmes violentées de Repentigny, Mme Rousseau remarque que depuis son arrivée en poste, les femmes hébergées sont plus jeunes qu’il y a 15 ans.

« C’est une bonne nouvelle, car cela démontre qu’elles dénoncent plus tôt, mais ça veut aussi dire qu’elles rentrent plus vite dans ce cycle de violence. »

Dans le Sud de Lanaudière, pour les années 2010-2011, 37% des élèves de 4e secondaire avaient subi un épisode de violence alors qu’ils se chiffraient à 43% en 5e secondaire. « Et ça va en augmentant a fil des ans», ajoute Marie-Hélène Rousseau.

La montée en flèche de la technologie et de l’utilisation des médias sociaux peut contribuer à la violence dans les relations amoureuses. Dans Les couloirs de la violence, une mise en situation illustre le harcèlement dont peut être victime quelqu’un par le biais des messages textes.

« Il y a toujours l’urgence de répondre, sinon l’autre se demandera pourquoi le délai est si long. On est dans l’instantanéité et la facilité. Alors que les réseaux sociaux, eux, peuvent susciter de la violence psychologique et sociale, puisqu’une personne peut être humiliée devant plusieurs autres», explique celle qui œuvre auprès de femmes violentées.

À la suite de la popularité du projet, REE souhaiterait reconduire l’activité, qui a été élaborée initialement par des organismes du Saguenay Lac-Saint-Jean, et même l’adapter à notre territoire de manière à maximiser la prévention et la sensibilisation de manière régionale.

Sous la coordination de Regard En Elle, voici les différents partenaires au projet: Commission scolaire des Affluents, Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière(CISSS), Services de police de Repentigny, Mascouche, Terrebonne et L’Assomption, Sûreté du Québec, CALACS La Chrysalide, Maison des jeunes de L’Assomption et CAVAC.

Paru dans l’Hebdo RIve-Nord 

crédits photo: Stéphane Grégoire 

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