La paix a besoin de femmes

Cela pourrait se faire sous le l’appel « la Paix a besoin de Femmes », vu ce que l’on a considéré comme « la responsabilité de protéger » et son lien le plus concret, à savoir, la résolution 1325 en faveur des femmes en situation de conflit. Le fait que l’Assemblée générale ait décidé une évaluation de la dite résolution en 2016 ne fait que lui conférer davantage de poids.

Plusieurs raisons avalisent cette proposition. En premier lieu, le fait que malgré tous les efforts déployés, les crimes de guerre et les violences à l’égard des femmes n’ont pas diminué. Les femmes sont non seulement les victimes chaque fois plus directe des conflits contemporains, mais l’on assiste à la recrudescence des attaques contre celles-ci, en tant « qu’armes de guerre ».

En deuxième lieu, la traditionnelle invisibilité des femmes dans le traitement de ces affaires a commencé à changer. Une étude de ONU-Femmes de 2012, statuait que sur 585 accords de paix conclus entre 1990 et 2010, seul un 16% faisait mention des femmes ,pendant qu’un exigu un 3% faisait mention de la violence sexuelle. Aujourd’hui, le Conseil de Sécurité aborde ce fléau de manière systématique et le Conseil des Droits de l’Homme dans sa XXIII Session fait de même, non plus du point de vue d’une perspective générale, mais à partir de cas spécifiques comme la Syrie, le Soudan du Sud, l’Ukraine et la Palestine, alarmés qu’ils sont par l’escalade de la violence de genre dans les conflits.

Une troisième raison réside dans le fait que notre pays est gouverné pour la deuxième fois dans son histoire par une femme de stature internationale, qui fût la première Directrice générale de ONU-Femmes.

De meilleurs résultats et une plus large cohérence pourraient être atteints en renforçant le lien opérationnel du principe de la « responsabilité de protéger « avec la résolution 1325 : celle-ci pourrait être une excellente proposition pour travailler au sein du Conseil de Sécurité et dans d’autres fora politiques, humanitaires et de droits humains comme une base pour évaluer la dite résolution en vue de la promotion et la protection effective des droit humains des femmes dans les conflits. Des actions concrètes pourraient revêtir la forme d’une mission de paix composée d’hommes et de femmes qui serait mieux légitimée et plus efficace face aux populations locales, la présence de femmes facilitant le rapprochement, la confiance et le dialogue avec les femmes et les enfants. La désignation de femmes par le Secrétaire Général de l’ONU dans des postes sensibles de leadership constituerait aussi une avancée tout autant que le fait de continuer la janvier 2014. Il l’a fait avec une ferme volonté de contribuer à lutte contre la violence sexuelle comme un crime contre l’humanité, en adoptant des mesures concrètes pour la prévention, l’investigation et la sanction pour ces actes atroces.

La condition des femmes en tant que victimes de conflits armés est ratifiée par l’expérience internationale au même titre que l’importance du rôle que celles-ci pourraient jouer dans la construction et le maintien de la paix, et par conséquent de la sécurité humaine.

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