Mémoire FMHF | MSSS – Violences, santé mentale, itinérance et dépendance

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La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes dépose ce mémoire dans le cadre des consultations du MSSS sur la vision intégrée en santé mentale, itinérance et dépendance. Il vise à mettre en lumière les constats transversaux issus du terrain, à documenter les liens étroits entre violence, santé mentale, dépendance et précarité résidentielle, et à démontrer l’urgence d’une approche véritablement intégrée, cohérente et durable pour assurer la sécurité des femmes et enfants violentées et leur reprise de pouvoir.

Les constats présentés dans ce mémoire révèlent une réalité incontournable : les trajectoires des femmes vivant de la violence sont profondément façonnées par l’entrecroisement de multiples enjeux, dont ceux liés à la santé mentale, à l’utilisation de substances psychoactives, à la précarité résidentielle, à l’itinérance cachée, à la pauvreté, aux discriminations systémiques, etc. Tant que les politiques publiques continueront de traiter ces enjeux séparément et manqueront d’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle, les femmes demeureront exposées à des ruptures de services, à des retours en milieu violent et à des cycles d’errance institutionnelle qui compromettent leur sécurité et leur rétablissement.

Les maisons d’hébergement pour femmes violentées jouent un rôle essentiel dans la protection, la stabilisation et la reconstruction des femmes et des enfants. Pourtant, elles doivent composer avec des ressources limitées, des critères d’admissibilité trop étroits et des systèmes institutionnels qui ne reconnaissent pas pleinement la complexité des situations vécues. Les solutions ponctuelles ou sectorielles ne suffisent plus. Ce qu’il faut désormais, c’est une transformation structurelle.

Agir de manière systémique n’est pas seulement une question d’équité ou de justice sociale : il s’agit d’un investissement durable qui, à long terme, réduit les coûts humains, sociaux et économiques associés à la violence, à l’itinérance, aux crises de santé mentale et à la dépendance. Les recherches démontrent que les interventions intégrées, les logements sécuritaires et le soutien communautaire diminuent les hospitalisations, les interventions policières, les retours en hébergement d’urgence et les situations de crise. En d’autres mots, une approche globale coûte moins cher au système que la gestion répétée des conséquences…

 

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