Lettre ouverte | Féminicides : crise nationale, agissez!

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Féminicides : crise nationale, agissez!

Chaque féminicide est un échec collectif.

Chaque femme assassinée parce qu’elle est une femme est le résultat d’un système qui continue de tolérer, banaliser ou invisibiliser les violences faites aux femmes. Derrière chaque nom, chaque visage, il y a une vie qui comptait, des communautés, des familles et des proches endeuillés. 

Nous ne pouvons plus considérer les féminicides comme des événements isolés ou des faits divers tragiques. Les féminicides sont l’aboutissement d’un continuum de violences ancré dans un système patriarcal et colonial qui banalise, contrôle et marginalise encore trop souvent la parole et la sécurité des femmes, notamment celles des femmes autochtones.

Le problème ne commence pas avec le meurtre. Il commence avec les blagues sexistes que l’on excuse. Il commence avec les stéréotypes que l’on transmet aux enfants. Il commence avec la minimisation des violences psychologiques, avec le contrôle exercé dans les relations intimes, avec les inégalités économiques, avec le manque de crédibilité accordé à la parole des victimes, notamment aux femmes autochtones qui sont davantage confrontées aux préjugés et aux barrières systémiques lorsqu’elles cherchent de l’aide.

Si nous voulons réellement mettre fin aux féminicides, nous devons avoir le courage de transformer nos mentalités.

Nous devons remettre en question les normes patriarcales qui alimentent les rapports de pouvoir et la violence. Cela signifie combattre le sexisme sous toutes ses formes, et tous les autres systèmes qui ajoutent des obstacles : le colonialisme, le racisme, le capacitisme, la pauvreté, etc. Cela signifie aussi soutenir l’ensemble des ressources qui accompagnent les femmes victimes de violence, renforcer le filet social et exiger des gouvernements des investissements à la hauteur des besoins en matière de prévention, de protection, de logement, de justice, de santé et de services de première ligne.

L’égalité des genres n’est pas un luxe, ni une revendication marginale. Elle constitue la base d’une société juste, sécuritaire et démocratique. Tant que l’égalité réelle ne sera pas atteinte, les violences continueront de trouver un terreau fertile.

Nous refusons de nous habituer aux féminicides. Nous refusons d’accepter qu’ils fassent partie de notre réalité. Nous refusons le fatalisme qui laisse croire que rien ne peut changer.

Changer les lois est nécessaire. Financer les ressources est indispensable. Mais transformer les mentalités demeure l’un des plus grands défis à relever. Chacun et chacune a un rôle à jouer : dans sa famille, son milieu de travail, son école, son quartier, sa communauté, ses relations.

Aux candidates et candidats de tous les partis politiques, nous demandons des engagements fermes d’actions concrètes et durables.

Aux médias, nous demandons de se faire l’écho des enjeux de société que soulèvent les féminicides et les violences faites aux femmes.

À l’ensemble de la société, nous demandons de devenir des alliés actifs dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

À toutes et tous, nous lançons un appel : refusons l’indifférence. Le 19 septembre à 13h, marchons main dans la main, dans les rues de Montréal pour dénoncer ces violences et réclamer des actions.

Parce qu’aucune femme ne devrait perdre la vie à cause de la haine, du contrôle ou de la violence.

Parce qu’aucune famille ne devrait avoir à pleurer une mère, une sœur, une fille, une amie.

Parce qu’une société véritablement égalitaire est une société où toutes les personnes peuvent vivre libres, dignes et en sécurité.

Le temps n’est plus aux constats. Il est à l’action.

Pour que plus jamais le mot féminicide ne soit le dernier chapitre de la vie d’une femme.

Signataires : 

  • Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice de L’R des centres de femmes 
  • Véronique Rankin, directrice générale de Femmes autochtones du Québec (FAQ)
  • Annick Brazeau, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
  • Mélanie Miranda, coordonnatrice des dossiers politiques de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale
  • Mylène Bigaouette, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes 

    Document(s) et lien(s)

    Pour lire la lettre ouverte dans Le Journal de Montréal : https://www.journaldemontreal.com/2026/09/18/feminicides–crise-nationale-agissez

    TVA Nouvelles :https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/18/feminicides–crise-nationale-agissez