Un peu d’amour pour les femmes victimes de violence

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«Ça a été un vrai succès, explique Anca Sultana, directrice générale du Centre Mechtilde. C’est notre quatrième année, ça a pris un peu de temps à roder la machine, mais cette année c’est vraiment un succès.» 

De 7 h à 11 h, environ 175 personnes se sont régalées d’un délicieux déjeuner au coût de 20 $. Grâce à la somme amassée, le centre sera en mesure de proposer des activités aux femmes et leurs enfants et de leur procurer des effets personnels dont elles ont besoin. Mais surtout, ce sera pour leur offrir un peu d’amour dans un mois de février particulièrement difficile. 

«La St-Valentin, c’est une journée difficile pour elles parce que c’est un moment où elles sont seules. Elles vivent un bris dans leur relation de couple et d’amour. Souvent, même si la relation est violente, beaucoup de femmes ne quittent pas leur conjoint parce qu’elles les aiment quand même… L’amour fait toujours partie de ça.»

La maison d’aide et d’hébergement offre une ressource qui accompagne les femmes et leurs enfants dans une démarche de mieux-être. Les intervenantes s’efforcent d’offrir un milieu de vie sécuritaire et confidentiel et de faire de la sensibilisation afin de prévenir la violence faite aux femmes et à leurs enfants, notamment par la promotion des relations saines et harmonieuses dans la communauté et dans les écoles secondaires. À Hull, 3000 jeunes reçoivent des ateliers de prévention chaque année, une façon pour le centre de faire de la prévention ”à la base“.

«Une relation amoureuse saine, ou une relation tout court, ça passe par une belle communication. Il ne faut pas qu’il y ait un aspect de contrôle dominant versus dominé», croit Mme Sultana.  

En ce moment, le centre fonctionne à plein rendement, soit avec l’hébergement de neuf femmes et de cinq enfants. Si les sept autres maisons d’hébergement pour femmes de la région et le Centre Mechtilde travaillent de concert pour desservir la demande, la violence faite aux femmes est loin d’être un problème en déclin. 

«C’est un problème sociétal. Les politiciens nous disent que les maisons d’aide et d’hébergement existent depuis 35 ans et que le problème n’est pas réglé, mais le problème est sociétal! Il faut que les personnes qui sont violentes apprennent à ne pas être violentes et contrôlantes. On entend trop souvent que des femmes ou des enfants sont tués ou violentés. Selon moi, c’est malheureusement loin d’être fini.» 

Pour faire un don ou en savoir plus sur le Centre Mechtilde, visitez le www.centremechtilde.ca

Paru dans La Revue

crédits photo: Laurence Gagnon 

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