Statistique Canada et la violence conjugale… Rien de nouveau sous le soleil!

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Cette année encore, les réactions médiatiques n’ont pas tardé à remettre en question la pertinence des données. […]

Rien de nouveau sous le soleil, puisque de tout temps la violence conjugale a été un problème social sujet au déni. Celui-ci s’actualise différemment chez la femme et chez l’homme. De fait, les femmes ont une forte propension à se croire responsables de la violence subie et à en minimiser la gravité, alors qu’a contrario, les hommes ont tendance à accuser leur victime de les avoir provoqués, se déculpabilisant ainsi de leurs actes de violence.

Les justifications évoquées par les conjoints violents sont cautionnées socialement et, plus gravement, intégrées par la majorité des femmes qui subissent la violence. Ces justifications entretiennent la relation basée sur l’inégalité du pouvoir, car elles sont plausibles et recevables pour la victime et l’entourage du couple. Ce mode de pensée est-il susceptible d’influencer des réponses fournies à un questionnaire qui s’attarde aux perceptions quant à l’usage de la violence au sein du couple?

Le fait de l’homme

La violence conjugale continue d’être le fait de l’homme, et ce, sans nier l’agir chez certaines femmes. Toutefois, de prétendre à la symétrie contribue à la promotion d’un système de justifications qui ne sert qu’à déresponsabiliser davantage l’auteur principal. […]

Au demeurant, soulignons que la grande majorité des femmes qui se réfugient en maisons d’aide et d’hébergement peinent de prime abord à reconnaître les formes de violence qu’elles subissent et refusent de porter plainte, même lorsque leur vie est menacée.

 Monic Caron et Nancy Gough, coambassadrices de L’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement
Robert Ayotte, directeur de L’Accord Mauricie

Publication tirée du Journal de Montréal

Crédits photo: La Presse canadienne

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