Les rapports hommes-femmes au Canada sont-ils moins violents aujourd’hui?

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La réponse à cette question est en fait devenue de grande actualité en ce moment. Une commission d’enquête nationale fait d’ailleurs le tour du pays et tente de cerner les circonstances et les causes de meurtres de femmes autochtones  depuis plus de 20 ans à proximité particulièrement d’une autoroute dans le nord-ouest du pays. (Voir notre article : Pourquoi une autoroute des larmes au Canada?)

En fait, si l’on analyse les relations hommes-femmes au Canada sous l’angle du problème de la violence, les plus récentes données peignent un portrait toujours inquiétant et très peu flatteur qui cadre mal avec cette image mondiale de société égalitaire que l’on nous prête.

Violence envers les femmes : nécessité d’un plan d’action national au Canada

Pas moins de 130 millions de filles et de femmes sont victimes chaque année dans le monde de mutilations génitales, principalement en Afrique et dans certains pays du Moyen-Orient. Certes, la violence exercée par les hommes envers les femmes au Canada n’atteint pas le niveau de ce qui se passe dans plusieurs autres pays. Mais cette violence, dans certaines catégories de crime contre la personne, se maintient.

L’affaire est à ce point préoccupante que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a notamment demandé à sa ministre de la Condition féminine, Patricia Hajdu, de travailler avec les experts et autres défenseurs des droits de la femme pour élaborer une stratégie fédérale et un plan d’action prenant en compte les différentes stratégies provinciales en ce qui concerne la lutte contre la violence basée sur le genre.

Ce que disent les plus récents chiffres sur la violence envers les femmes au Canada

Une enquête toute récente de Statistique Canada sur la victimisation nous apprend que sur un peu plus de 19 millions de Canadiens qui avaient un conjoint ou un ex-conjoint en 2014, environ 4 %, soit 760 000 personnes, ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle, ou les deux, de la part de leur partenaire au cours des cinq années précédentes.

Tristement et sans surprise, le taux de violence conjugale chez les Autochtones est plus du double (9 %) que celui chez les non-autochtones (4 %).

Si le pourcentage moyen au Canada de personnes violentées de 4 % est identique chez les hommes et les femmes, les femmes demeurent cependant deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir subi les violences les plus graves (34 % contre 16 % chez les hommes), soit d’avoir été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau.

Une bonne nouvelle, c’est que ce pourcentage de 4 % est bien inférieur à celui de 7 % enregistrée 10 ans plus tôt, en 2004 signe en parti que la société canadienne est aujourd’hui moins violente envers les femmes. Mais comment cette situation et cette progression se comparent-elles à celles d’autres pays développés?

Pour écouter le témoignage, cliquer ici 

Ce à quoi ressemblaient en 2014 les relations violentes hommes-femmes au Canada

Parmi les femmes canadiennes victimes de violence en 2014, 25 % ont été battues, 20 % ont failli être étranglées, 13 % ont été menacées d’une arme et 20 % ont été victimes d’agression sexuelle. Chez les hommes, les pourcentages respectifs sont de 10, 4, 8 et 3 %.

Ainsi, il y a eu en 2014 trois fois plus de femmes que d’hommes battus, cinq fois plus ont failli être étranglées, deux fois plus ont été menacées d’une arme et sept fois plus ont été tenues d’avoir des relations sexuelles forcées.

C’est l’Île-du-Prince-Édouard qui rapportait en 2014 le plus haut taux de violence conjugale, suivie dans l’ordre de la Saskatchewan, et ex æquo, de l’Alberta et de la Nouvelle-Écosse. Le Nouveau-Brunswick vient au cinquième rang, alors que le Québec occupe la huitième place. Le taux de violence conjugale le plus faible a été enregistré à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le saviez-vous?

Un jour dans la vie des Canadiennes
– Le 16 avril 2014, 7969 femmes et enfants résidaient dans les 627 refuges pour femmes violentées au Canada; 73 % de ces femmes s’y trouvaient principalement parce qu’elles fuyaient une situation de violence, et 25 % avaient déjà séjourné dans le même refuge.

Article paru sur rcinet.ca

Crédit photo: Mario Tama 

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