« Je voulais faire quelque chose de beau pour parler de quelque chose de laid »

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Elle s’est donc servie de son art de prédilection, la peinture corporelle, pour imager certaines formes de violence et du coup, mettre en place une campagne publicitaire mondiale.

« Orangez le monde » est une composante de la campagne Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes du Secrétaire général des Nations Unies, menée par ONU Femmes, qui débute le 25 novembre pour se clore le 10 décembre à l’international et le 6 décembre au Québec, afin de rendre hommage aux victimes de la Polytechnique. 

« La violence laisse des traces sur tout le corps alors la campagne prend tout son sens avec la peinture corporelle  » – Alexandra Bastien, artiste

La campagne consiste en 12 jours d’activisme contre la violence sexiste. Elle vise à sensibiliser et à mobiliser les populations dans le monde entier pour changer la condition des femmes survivantes de la violence.

« Je voulais employer un outil artistique afin de parler de cette problématique et faire quelque chose de beau pour parler de quelque chose de laid », avance l’artiste en arts visuels.

Pendant la campagne, toutes les 48 heures, une vidéo sortira le matin et chaque heure, une photo en lien avec ce projet unique sera diffusée sur les réseaux sociaux, soit autant les comptes d’Alexandra Bastien, de Regard en Elle, que ceux des Nations Unies, entre autres.

En plus du volet artistique, des faits ou des statistiques viendront appuyer chacune des violences représentées.

Huit violences illustrées

« Pour chaque sujet, j’ai réalisé deux peintures corporelles hyperréalistes. Dans la première réalisation, on voit la problématique, puis dans la seconde, sous un éclairage ultraviolet, on voit la conséquence », détaille l’artiste qui en était à la réalisation de la vidéo illustrant la violence psychologique lorsque nous l’avons rencontrée en compagnie de son réalisateur, Dominic Robitaille, des productions DOMROB.

La violence physique, l’intimidation, l’isolement, la pauvreté, le harcèlement, le silence et l’égalité de sexes font partie des sept autres sujets qu’Alexandra a choisi de dénoncer à travers son art et qu’elle a élaborés en partenariat avec les responsables de Regard en Elle.

« La violence laisse des traces sur tout le corps alors la campagne prend tout son sens avec la peinture corporelle », croit l’artiste de renommée internationale.

« C’est une noble cause et c’est important d’en parler et de sensibiliser les gens à ces violences, d’autant plus que c’est très fort dans l’actualité en ce moment », partage quant à lui Dominic.

Les modèles Sonja Lessard, Patrick Renaud, Laetitia Robitaille, Gabrielle Quintal et Marc Gagnon ont fait preuve d’une patience extraordinaire alors que les journées de tournage duraient près de 16 heures.

«Il ne faut pas se taire»

Pour les responsables de la maison d’aide et d’hébergement pour femmes violentées, un projet comme celui que leur a proposé leur porte-parole des cinq dernières années amènera la réflexion.

« Je crois que les gens sont tannés des campagnes-chocs. Je pense qu’ils ont envie de voir autre chose. Quelque chose de beau, de flamboyant, qui portera à réfléchir plus loin, ce à quoi répond le travail d’Alexandra », analyse Marie-Hélène Rousseau, directrice adjointe à Regard en Elle.

À l’heure actuelle, l’organisme de Repentigny affiche un taux d’occupation très élevé, révèle Mme Rousseau, autant en hébergement qu’en demandes de suivis externes.

« Nous souhaitons que la société évolue et qu’il y ait des dénonciations. Il ne faut pas se taire, il faut vraiment dénoncer ensemble », estime-t-elle en se réjouissant que des hommes prennent part à ce mouvement social, notamment dans le cas de la culture du viol.

Un livre photo du projet est en préparation et son lancement est prévu le 24 novembre, à 17h, au Centre d’art Diane Dufresne à Repentigny.

Pour information sur l’organisme Regard en elle, une ressource d’aide et d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale ainsi que leurs enfants, consultez son site web au regardenelle.org ou pour de l’aide en cas de violence conjugale, composez le 450 582-6000.

Paru dans l‘Heddo Rive Nord

 

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