Des intervenants en itinérance pour former les policiers

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Ce partenariat entre le SPVM et le plus grand refuge de Montréal prendra notamment la forme d’une formation complémentaire donnée aux policiers. Elle abordera notamment la question des interventions face aux personnes ayant des problèmes de santé mentale qui touche de 30% à 50% des personnes en situation d’itinérance à Montréal.

«En itinérance, on a des façons d’interagir qui sont à l’opposé de celles de la police. Eux, veulent contrôler une situation le plus rapidement possible, alors que nous on se donne du temps et de l’espace à la personne. Alors, face à une personne en crise, on a certainement des méthodes à leur suggérer pour désamorcer», a expliqué à Métro Matthew Pearce, président de la Mission Old Brewery.

Dans le cadre du partenariat, le SPVM se fera plus présent à la Mission que ce soit de façon informelle au café ou pour servir le souper de façon trimestrielle à la cafeteria. «Environ 20% du travail policier est lié à la résolution de crimes. C’est presque le côté le plus facile du travail alors que les questions de problématiques sociales qui occupent la plus grande partie de notre travail sont souvent plus complexes», a souligné le directeur du SPVM, Philippe Pichet.

Ce dernier croit que le fait de tisser des liens avec la population itinérante en dehors du contexte d’une intervention sera profitable à tous. Une opinion partagée par Émilie Fortier qui dirige le refuge du boulevard Saint-Laurent. «Il y a certainement un manque de formation chez certains policiers, mais depuis la mort d’Alain Magloire, on sent un réel effort de la police pour renverser la vapeur, ainsi qu’un respect de nos expertises communes», selon la jeune femme qui profitait de l’annonce pour faire visiter le refuge à une demi-douzaine de policiers dédiés à la surveillance du métro où gravitent plusieurs personnes en situation d’itinérance

La pente sera néanmoins difficile à remonter. Selon un sondage dévoilé il y a un an par le Réseau des personnes seules et itinérantes de Montréal, 72% des répondants issus 30 organismes interrogés avaient déclaré que la relation avec la police ne s’était pas améliorée depuis deux ans.

Paru sur le Journal Métro 

crédits photo: Isabelle Bergeron 

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