Une jeune femme tuée, son conjoint détenu

daphne

L’homme de 22 ans, considéré comme un « témoin important », était interrogé par les enquêteurs de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent, hier soir. Nous ne pouvons dévoiler son identité, puisqu’il n’avait été accusé d’aucun crime. Il pourrait toutefois faire face à des accusations de meurtre dès aujourd’hui.

Daphné Boudreault, 19 ans, a été trouvée grièvement blessée à 12 h 28 dans une résidence de la rue Forest, à Mont-Saint-Hilaire. Les circonstances de sa mort, à l’hôpital, n’ont pas été dévoilées par les policiers. Selon certaines de ses amies, la jeune femme avait été violentée à plusieurs reprises par son conjoint.

Hier matin, le suspect a diffusé sur Facebook deux vidéos au contenu troublant dans lesquelles il détaille les soubresauts de sa relation de deux ans avec Daphné Boudreault. Il l’accuse de l’avoir trompé, alors que le couple était « en pause » depuis quelques jours. « Tu m’as appris l’amour et que tu m’as carrément enlevé ça ! J’étais prêt à tout faire pour toi ! », lance-t-il, attristé, avant de l’injurier.

« Tu penses que je vais me fâcher, parce que je suis un gars colérique. Ça veut rien dire ! J’ai eu mes passes, osti, où je me fâchais, mais j’ai tellement travaillé sur moi et sur mon contrôle ! », s’indigne-t-il dans une seconde vidéo encore plus vindicative. « J’essaie juste de te montrer mon amour, de me battre pour la femme que j’aime ! », vocifère-t-il. Il termine la vidéo en faisant un doigt d’honneur à la caméra.

DES PROCHES SOUS LE CHOC

Sa voisine et amie, Mélissa Tousignant, pleurait hier la mort de cette « femme forte, souriante et dynamique » qui vivait toutefois sous l’emprise d’un conjoint violent. « Daphné m’avait parlé qu’il était violent. Il l’avait poussée dans les escaliers une fois. Et il la frappait régulièrement. »

Laurence Bondu était sous le choc, hier, en apprenant la mort de sa bonne amie, qu’elle avait connue en première secondaire. « Ça ne peut pas être possible. On dirait un mauvais rêve duquel on ne se réveille jamais », lâche-t-elle. Daphné Boudreault adorait la photo, les voyages, la musique et le dessin, selon Laurence Bondu. « C’est une jeune femme qui adorait l’aventure, les nouveaux défis. Rien ne l’arrêtait ! Elle ne voulait pas juste survivre, elle avait cette envie de vivre pleinement ! »

Elle était aussi une amie « loyale » qui « défendait ses amis envers et contre tous », raconte Laurence Bondu. « Sincèrement, elle avait un gros cœur ! Elle avait une énorme joie de vivre, elle ne l’avait pas eu facile. Mais elle avait toujours le sourire aux lèvres ! », témoigne-t-elle.

La Presse + 

Photo tirée de Facebook

À lire aussi : 

Elle avait alerté les policiers avant d’être assassinée

La jeune femme qui a perdu la vie, mercredi à Mont-Saint-Hilaire, avait contacté la police quelques heures plus tôt, car elle craignait pour sa sécurité à la suite d’une récente séparation.

Daphné Boudreault, 18 ans, a été retrouvée grièvement blessée dans un appartement de la rue Forest, en début d’après-midi, peu après qu’un proche se fut pointé au poste de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent. Elle est décédée à l’hôpital des suites de ses blessures.

Selon nos informations, l’ex-copain de la victime, Anthony Pratte, 22 ans, a été arrêté peu de temps après. Il était toujours interrogé mercredi soir et l’on devrait connaître la nature des accusations le visant aujourd’hui.

Le suspect et la jeune femme ont formé un couple pendant deux ans, mais leur relation se serait détériorée récemment. Daphné Boudreault avait d’ailleurs quitté leur appartement pour se réfugier chez un proche.

Vidéos troublantes

M. Pratte a mis deux vidéos troublantes en ligne quelques heures avant le drame mercredi dans lesquelles il souhaite à la victime «tout le malheur du monde» et l’insulte violemment à de nombreuses reprises. Il y raconte aussi avoir piraté le téléphone et le compte Facebook de la jeune femme et ainsi découvert qu’elle l’avait apparemment trompé.

«Tu vas sûrement brailler en disant que ce n’est pas vrai», lance le jeune homme dans sa vidéo, où il apparaît parfois enragé, parfois abattu.

Elle avait peur

Selon une collègue, Mme Boudreault aurait croisé son ex-copain mercredi matin avant de se rendre au travail et aurait eu peur.

Inquiète, elle aurait contacté la police au cours de la matinée alors qu’elle travaillait au dépanneur Beau-Soir, à Mont-Saint-Hilaire. «Les policiers sont venus la voir, mais ils ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire», a raconté au Journal la gérante du magasin, Shanon Meilleur.

«Est-ce qu’il va falloir qu’il me tue pour que la police puisse agir? C’est la dernière chose qu’elle m’a dite en partant du dépanneur à midi», a soufflé Mme Meilleur.

La Régie de police Richelieu–Saint-Laurent n’a pu confirmer cette information «en raison de l’enquête en cours», a dit le porte-parole Yannick Parent. «Si une personne nous contacte et qu’on constate qu’elle a besoin d’assistance, les policiers vont faire ce qu’ils ont à faire en tout temps», a-t-il assuré.

Selon un ami de la victime, le suspect était connu pour être colérique. Toutefois, Mme Boudreault ne lui aurait jamais mentionné craindre pour sa sécurité auparavant.

«Je ne sais pas ce qu’elle est allée faire là. J’habite à 30 secondes d’où ça s’est passé. Je ne comprends pas pourquoi elle ne m’a pas appelé», a dit l’homme dans la vingtaine, qui a demandé à taire son nom.

Il a raconté avoir parlé à M. Pratte au téléphone mardi soir. «Il voulait savoir ce qui se passait avec Daphné. Si elle allait revenir ou pas. Mais il n’était pas menaçant», dit-il, complètement bouleversé.

Dans les journaux

Bien que colérique, Anthony Pratte disait avoir appris à se contrôler. «J’ai tellement travaillé sur moi et sur mon contrôle. Je t’aurais repris demain matin si tu t’étais excusée», dit-il dans une vidéo, en allusion aux présumées infidélités de sa copine.

Dans les commentaires laissés sous l’une des vidéos de Pratte, un jeune qui se présente comme le nouvel ami de Mme Boudreault raconte avoir reçu un appel du suspect mercredi matin. «J’oublierai jamais ta voix quand tu m’as appelé. J’oublierai jamais tout ce que tu m’as dit… j’oublierai jamais que tu m’as dit que je l’apprendrais dans les journaux», a-t-il écrit en soirée mercredi.

Paru sur le Journal de Montréal 

S'abonner à notre infolettre