Non au projet de loi 70 : Journée d’action à travers le Québec !

Montréal, le mercredi 10 février 2016 – En cette journée d’actions à travers le Québec, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) souhaite faire entendre son opposition au projet de loi 70. Ce projet de loi constitue une menace grave à l’aide de dernier recours et s’attaque aux personnes les plus vulnérables de notre société.

La FMHF se joint au mouvement de plus de 200 organismes communautaires qui dénoncent le projet de loi 70. Ce projet de loi, déposé par le ministre Hamad en novembre dernier, a été critiqué vertement par un grand nombre d’acteurs sociaux. Il transformerait en effet l’objectif de l’aide sociale pour les premiers demandeurs, en faisant une aide conditionnelle assortie d’obligations et de pénalités, niant ainsi son caractère d’aide de dernier recours.

Nous assistons progressivement à la déstructuration du filet social que le Québec a mis 60 ans à bâtir. Le gouvernement du Québec est à revoir le fondement même de ses politiques sociales et cela ne se fait pas sans heurts. Ce projet de loi constitue une attaque grave aux droits humains, et précariserait davantage la situation de personnes souvent très vulnérables.

En effet, les individus qui ne pourraient répondre aux exigences du programme Objectif emploi risqueraient de se faire couper leur chèque d’aide sociale (au montant actuel de 623$ par mois), un montant déjà nettement insuffisant pour assurer un niveau de vie minimal.

La FMHF s’inquiète particulièrement des répercussions que ce projet pourrait avoir sur la vie des femmes victimes de violences. Le projet de loi 70 sur l’aide sociale menace de couper les prestations aux femmes violentées vivant de multiples problématiques sociales qui feraient une première demande d’aide sociale afin d’échapper à une situation de violence. On conditionnerait la réception de la pleine prestation à l’inscription à une formation ou l’acceptation d’un emploi à plusieurs centaines de kilomètres : alors qu’elles se trouvent en maison d’hébergement pour protéger leurs enfants et leur procurer une certaine stabilité en leur permettant de ne pas changer d’école.

Les organismes affirment que pour aider les jeunes à s’en sortir, qui composent 70% des nouveaux demandeurs, il faut que le gouvernement garantisse un ensemble de mesures et qu’ils aient accès à des ressources appropriées à tous les moments de leur vie : cela passe par des services publics de qualité, mais aussi par un revenu suffisant pour les parents prestataires de l’aide sociale afin qu’ils puissent fournir le nécessaire à leur enfant.

En participant à cette journée d’action, la FMHF répond à l’appel de la Coalition Objectif dignité, dont elle est membre, qui regroupe plus de 20 regroupements nationaux et jouit de l’appui de 200 organismes communautaires s’opposant aux mesures obligatoires et punitives prévues dans le projet de loi 70.

Nous demandons à Monsieur Blais, qui retrouve son poste de ministre à l’Emploi et à la Solidarité sociale, de revoir le texte de ce projet de loi afin que les plus vulnérables ne soient pas encore les plus touchées par l’austérité de ce gouvernement.

#nonpl70
Objectifdignite.org

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Informations :

Marie-Hélène Senay
Coordonnatrice communications et analyse politique
Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
mhsenay@fede.qc.ca
514 878 9757 # 224

Manon Monastesse
Directrice générale
Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
514 242 6354

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